Théodore Géricault

1791-1824

Étude du Chasseur à cheval

26,5 x 22,5 cm

Plume, encre, lavis de noirs et de bruns et rehauts de gouache blanche.

Dessin préparatoire pour le Portrait équestre de M. D.*** (M. Dieudonné) du Salon 1812, dit aussi Un hussard chargeant au Salon 1814 et, plus tard, Officier de chasseurs de la garde impériale, chargeant 1812.

Premier envoi et véritable succès pour le très jeune Théodore Géricault, son Portrait équestre de M. D.*** du Salon 1812, une huile 3,49 x 2,66 m (Paris, musée du Louvre, département des peintures) est récompensé d’une médaille d’or par Vivant Denon alors directeur du musée Napoléon. Marquant de son style novateur, sa palette franche et ses aplats épais tranche avec le néoclassicisme régnant alors sur la peinture, ce qui vaudra la remarque du grand David, « D’où cela sort-il ? Je ne reconnais pas cette touche ».

Son tableau peint en seulement douze jours est aujourd’hui considéré comme un des chefs d’œuvres de l’artiste et représente à lui seul le brio des officiers de cavalerie impériale. Ami et modèle de Géricault pour son tableau, le lieutenant Alexandre Dieudonné disparaît la même année dans les neiges de Russie à l’âge de 34 ans.

Notre dessin est un jalon important dans la création de l’artiste pour son tableau, peint en seulement douze jours peut d’esquisses et de dessins préparatoires nous sont parvenus, chacun traduit une volonté de l’artiste de chercher le meilleur cadrage possible, ainsi notre dessin ne montre pas encore le cadrage définitif, et tronque le cheval.

Les différents biographes de Géricault ont longuement discuté pour savoir si un délai d’exécution aussi rapide, « douze jours », était possible. Quoi qu’il en soit, il semble bien que le grand tableau ait été réalisé un moins d’un mois et qu’il fut le fruit d’une intense activité dont témoigne plusieurs dessins et esquisses préparatoires.

Clément, à l’évidence, manquait cruellement d’informations sur la vingtaine d’esquisses peintes et devait avouer n’en connaître que «  cinq ou six ». L’esquisse qu’il décrit avec enthousiasme (un papier marouflé sur toile) appartenait alors au célèbre collectionneur His de La Salle. Elle est conservée au musée du Louvre depuis 1878. Contrairement à ce que Clément avance, cette magnifique esquisse n’est probablement pas « la dernière ». Ce statut appartient plutôt à l’esquisse de l’ancienne collection Coutan-Hauguet que conserve le musée de Rouen depuis 1908.

En 1989, plus d’un siècle après Clément, Germain Bazin, pour sa part, répertoriait seulement sept dessins préparatoires en rapport avec le tableau du Salon de 1812. En 1997, dans son supplément, il en publiait encore un autre ( conservé au Getty) auquel il convient d’ajouter celui, inédit, publié en 2002 et celui, inédit encore,  expertisé en 2007 à la demande du cabinet de Bayser par Bruno Chénique.

Notre dessin, avec ses bruns et ses noirs traduit une volonté de contraste souvent utilisé dans ses dessins, la maitrise du lavis et de la gouache, lui permet comme ici de transmettre au spectateur la fougue du moment représenté.

Probablement dessiné dans les derniers moments avant la réalisation du grand tableau notre esquisse très aboutie montre le lieutenant dans une position proche de celle qu’il prendra dans le tableau définitif, mais il recherche le cadrage, tronquant ici le cheval.

Provenance

Collection privée parisienne

Ce dessin sera inclus dans le Catalogue raisonné des dessins inédits retrouvés de Théodore Géricault, actuellement en préparation