Jean-Baptiste Isabey

1767-1855

Portrait du peintre Jacques-Luc Barbier

Sans date, circa 1796

23 x 29 cm (sous marie-louise, cadre de bois doré)

Portrait du peintre Jacques-Luc Barbier (1769-1860) dit Barbier-Valbonne.

Dessin signé « Isabey » en bas à droite, mine de plomb, pierre noire et rehauts de gouache blanche.

Fameux portrait du peintre Jacques-Luc Barbier dessiné par Isabey à l’époque de la Révolution, œuvre qui fut popularisée et largement diffusée par la gravure de François Aubertin sous le titre Le fumeur.

Trois portraits de Barbier furent réalisés par ses condisciples et amis, les grands portraitistes néoclassiques Isabey, Gérard et Ingres. Le premier réalisé, et sans doute le plus connu, est celui qu’Isabey présente au Salon sous le Directoire. L’artiste représente son ami le citoyen Barbier revêtu d’un uniforme des armées de la République, en train de fumer une longue pipe, coiffé d’un bonnet à glands, portant cravate haute et gilet sous une veste brodée d’officier. La tenue et la posture sont alors à la mode parmi la jeunesse dorée du Paris révolutionnaire. Mais, Isabey choisit de casser les codes sur la forme et le fond, en montrant son œuvre encore au crayon, et portraiturant son modèle en train de fumer, une activité généralement associée aux classes inférieures. C’est l'accent mis par Isabey sur la longue pipe et les volutes de fumée qui ont rendu ce dessin particulièrement populaire à l'époque.

Comme Hubert Robert qui exécuta plusieurs exemplaires pour un même portrait, Isabey réalisa plusieurs représentations de ce portrait de Barbier-Walbonne, exécuté sous la même forme pour son modèle ou pour ses amis.

Tandis qu’Isabey était capitaine chargé de la garde du Louvre avec la troupe des élèves des arts, Barbier s’était porté volontaire patriote au 5e régiment de Hussards engagé en Belgique ; il fut ensuite nommé par les commissaires au peuple, parmi les artistes que comptaient les Armées révolutionnaires pour choisir et ramener en France des œuvres flamandes. Tous deux avaient été les élèves de David. Isabey deviendra sous le Directoire professeur de dessin à l’institution nationale de Saint-Germain fondée par Mme Campan. C’est à cette époque qu’il rencontre la famille Bonaparte qui fera sa fortune sous l’Empire ; devenu un intime du château de la Malmaison, portraitiste et miniaturiste de renom, il devient dès 1805, peintre décorateur des Théâtres de Saint-Cloud et des Tuileries, dessinateur en chef de l’Opéra en 1810, artiste particulièrement apprécié de l’Empereur et de Joséphine.

Barbier semble avoir eu une carrière moins brillante et resta longtemps l’assistant de son ami et ancien condisciple François Gérard pour certaines grandes compositions. Barbier gagnera son indépendance sous l’Empire grâce aux commandes officielles que lui obtint Denon, pour réaliser les portraits de généraux et de grands dignitaires, tel le Maréchal Moncey. Il tire son nom de Barbier-Walbonne en épousant la cantatrice Marie-Philippe-Claude de Walbonne.

Œuvres en rapport

Dessin conservé au Cleveland Museum of Art, ancienne collection Harry D. Kendrick.

Autre version du portrait reproduite dans l’exposition Old Master Drawing from the collection of Lester Francis Avnet, New York, 1968, n°39.

Le fumeur, portrait de Barbier-Walbonne, gravure par Aubertin, Musée de la Révolution française.

Le fumeur, portrait de Barbier-Walbonne, premier tirage de la gravure par Aubertin. Collection de la Galerie Imperial Art.